Comprendre notre système pour mieux interagir avec nous
Accessibilité
Cette page est en version écrite. Une version audio est disponible pour la plupart des zones de texte. Merci à Doriane de nous prêter sa voix !
PS : il y a encore des vérifications à faire au niveau des versions audios.

Précisions
Cette page a été faite avec l’identité visuelle du système.
Selon le navigateur que tu utilises il se peut que la police d’écriture ne s’affiche pas et que celui ci en mette une par défaut, qui ne correspond pas à l’identité visuelle de notre système.

Sommaire
Ne pas utiliser le vouvoiement
Gardez en tête qu’on peut facilement oublier des éléments selon les switchs
Ne nous infantiliser pas, surtout avec les little
Evitez de nous demander qui ont est
Le plus important c’est la communication
Ne pas chercher à voir des alters différents


Vocabulaire
Cette page parle de multiplicité, alors si tu ignores ce que c’est ou que tu ne connais pas certaine terme, il y a quelques définitions ci-dessous. Tu peux aussi consulter le lexique caverneux si besoin.
PS : ces définitions viennent de nous, mais elles peuvent ne pas correspondre à d’autres systèmes car chaque terme a sa propre définition selon comment on le vit. Et nous ne connaissons pas tous les types de systèmes. (Si vous voulez ajouter vos propres définitions, vous pouvez aller ici🔗)
Mais ça permetta à celleux qui nous lisent de savoir comment et dans quel but on emploie ces termes.


Introduction
Le but de cette page est de plonger un peu en profondeur dans le fonctionnement de notre système pour mieux nous comprendre.
Rappelons que chaque système est différent et a son propre fonctionnement. Il y a donc autant de type de système et de fonctionnement que de systèmes existants.
Gardez en tête que cette page a été écrite par un alter ou groupe de fragments au nom du système mais qu’on peut avoir loupé des choses sur certaines parties du système dont on ne fait pas partie.

Carte du système

Notre système est composé de plusieurs systèmes parallèles. Chacun de ces systèmes a son propre fonctionnement.
Certains de ces systèmes sont composés en majorité de fragments, d’autres d’alters ayant une meilleure conscience du soi. Tous les alters de Gristalis ne font pas forcément partie d’un système parallèle/ interdépendant ou sous système.
Selon le système duquel l’alter fait ou non partie, sa conscience des autres alters et du fonctionnement du système principal sera différente.

Comment intéragir avec nous
Comment s’adresser à nous
Ne pas utiliser le vouvoiement
Sur cette page, je dis « nous » car je parle au nom du système mais privilégiez le « tu ». Parfois, on accepte le vouvoiement quand vous vous adressez explicitement à l’intégralité ou une partie du système.
On peut plus facilement oublier des éléments que les singlets
N’oubliez pas qu’on est composé de plusieurs systèmes avec des fonctionnements différents, dont certains n’ont pas accès à une autre partie du système.
De plus on a plusieurs handicaps qui nous créent des troubles cognitifs et visuels.
On peut plus facilement oublier ou ne pas comprendre des éléments, alors c’est normal si vous avez l’impression de vous répéter ou d’avoir plusieurs fois la même discussion !
Considérez nous/ chaque alter/ fragment dans sa complexité
On connaît les biais psychophobes, les personnes qui changent leur attitude dès qu’elles sont au courant de notre multiplicité.
Ce qu’on attend des gens c’est qu’ils nous considèrent comme on est : avec nos défauts et nos qualités (phrase concon mais réelle), dans notre complexité et globalité.
Pas comme un sujet de curiosité ou d’étude, ni comme une personne moins évoluée.
Acceptez qu’on ne peut pas contrôler qui est là
Ne cherchez pas à voir des alters différents que celleux qui se manifestent avec vous.
D’ailleurs il est important d’accepter que vous ne verrez pas la plupart des alters, surtout si on est pas proches.
De plus la plupart du temps vous allez parler qu’à un seul alter ou groupe de fragments.
Acceptez d’être vous aussi dans le flou par rapport à qui vous parlez
Evitez de nous demander qui on est, car c’est très perturbant et généralement quand on le sait on le dit.
Par contre on a moins de mal quand on nous demande si c’était nous ou pas à tel ou tel moment et quand c’est nous (en tant qu’alter) qui commençons la discussion sur le sujet (après encore une fois, chaque alter vit les choses différemment donc c’est à adapter).
Communiquer, s’informer, se tenir au courant
Le plus important dans tout ça c’est la communication.
Ce qui a été dit ici peut ne pas être appliqué pour un alter comme peut être primordial pour un autre, alors le mieux c’est d’échanger avec les alters, fragments/ groupe de fragments avec qui vous parlez.
Ne pas projeter ce que vous pouvez faire sur nous
Trop souvent les gens ont tendance à projeter sur les autres ce qu’ils sont capables ou non de faire (ce qui est normal). Le problème c’est qu’on a un fonctionnement très différent de la plupart des gens et une situation très spécifique notamment par les handicaps qu’on traverse.
Alors s’imaginer que ce que vous pouvez faire, on peut le faire aussi ne servira à rien étant donné que dans la majorité des cas ce sera différent pour nous.
Le mieux est de ne pas projeter d’attente ou capacité sur nous et d’attendre ou demander ce qu’on est en capacité ou non de faire.
Evitez de nous bombarder de questions
On peut comprendre que quand on connait mal certains sujets et qu’on se retrouve face à une personne concernée ça attise notre curiosité, on veut comprendre et on pose plein de questions. Du moins c’est souvent ce que les gens font.
Et c’est super de s’intéresser mais on a beaucoup de mal à supporter qu’on nous pose plein de questions à la fois. Déjà parce que d’un côté pratique c’est difficilement gérable, mais aussi parce que ça nous met souvent mal à l’aise. les questions sont souvent intrusives et à côté de la plaque.
Demandez nous plutôt si on a des ressources à vous envoyer sur le sujet, généralement on devrait avoir de quoi répondre à vos questions !
Et si vraiment vous voulez avoir un échange avec nous sur le sujet, assurez vous qu’on est disposé.es à répondre et allez y mollo sur la quantité de questions et leur degré d’intimité.
Nos trigger
Nous sommes polytraumatisé et nous avons différents trigger. Merci de les respecter et de ne pas les minimiser.
Évidemment faites comme vous pouvez, on ne peut pas tout retenir.
Si je disais de les respecter c’est car je vois souvent des personnes minimiser certains trigger en disant que c’est un caprice ou qu’on ne veut pas voir certaines réalités en face.
Ce que je comprends mais on ne peut pas non plus jouer comme ça avec les traumas des gens surtout quand ça a des conséquences matérielles réelles derrière comme
TW : pensées suicidaires et passage à l’acte
une augmentation des pensées suicidaires et un passage à l’acte.
Évidemment je parle quand c’est volontaire, quand on ne fait pas exprès de trigger quelqu’un ben on y peut rien.
Ces triggers ne concernent pas forcément tous les alters c’est à voir en fonction d’elleux, donc le mieux c’est de demander avant !
Pourquoi « allez voir un psy » est insupportable
On ne supporte généralement pas le fait qu’on nous demande ou dise d’aller voir un psy ou de faire une thérapie pour plusieurs raisons :
• Déjà parce qu’on a eu beaucoup de mauvaises expériences et aussi parce que les gens ne veulent pas l’entendre mais le système de prise en charge thérapeutique/ psy ne correspond pas à une grande partie de notre système et c’est important de l’entendre et de le respecter (le fait qu’il y ait plein de sorte de thérapie n’y change rien).
• De plus nous ne sommes pas en accord avec le fonctionnement de prise en charge de la santé mentale par la psychiatrie/ psychologie. Notamment par le fait de mettre entre les mains d’une seule personne sa santé (on peut faire la même critique avec la médecine dite « physique ») qui va capitaliser dessus (c’est clairement ce qu’il se passe même si ce n’est pas forcément l’intention du psy/thérapeute). Il y a d’autres points qu’on remet en question qui sont liées au système capitaliste mais ce serait trop long de développer ici, il faudrait en faire un article à part entière.
• Dans tous les cas ça ne devrait pas être aux gens d’aller conseiller à d’autres d’aller consulter car c’est un choix que seule la personne concernée peut prendre.
• D’autant plus que l’accès aux soins est conditionné par nos ressources matérielles et notre place sociale. J’ai l’impression que c’est un point mort pour plein de gens.
Ne pas nous faire porter l’impact qu’à nos handicaps sur vous
On ne supporte pas qu’on nous fasse des remarques sur nos handicaps ni qu’on nous disent que ceux ci pèsent sur la relation/ la personne en face.
Car on doit déjà les vivre au quotidien, et ce qui les rend le plus difficile à supporter c’est le validisme et les autres pour être honnête.
Quand on nous fait comprendre que certains de nos handicaps ne sont pas faciles à vivre pour la personne en face, ça peut être simplement dans l’intention de partager ce vécu, mais ça nous fait porter une trop grosse charge. Car ce sont nos handicaps mais on ne peut rien y faire si c’est trop difficile pour les gens, et on ne peut pas prendre la charge émotionnelle de l’autre à ce sujet.
Ne pas nous dire d’aller chercher sur internet
Quand on pose une question, on nous répond souvent « internet ça existe » ou « va chercher sur internet » et c’est très condescendant.
Déjà parce que faire une recherche sur internet n’est pas donnée à tout le monde, ce n’est pas simple. De plus ça prend la personne en face pour un•e con alors qu’il y a plein de raisons qui font qu’une recherche internet peut être compliquée surtout quand on ne connait pas un sujet.
C’est aussi en partie validiste, car on ne s’imagine pas hein vivre dans un corps meurtri au quotidien et un cerveau complètement à l’ouest qui donne cette impression de naviguer dans le brouillard sans rien voir. On ne s’imagine pas ce qu’une simple recherche internet peut être couteux pour certaines personnes.
Ça ne prend pas non plus en compte la réalité matérielle de plein de gens : on a pas forcément le temps ou la dispo d’aller chercher par nous même, alors qu’un échange avec une personne peut être plus accessible, voire le seul moyen d’avoir sa réponse.
De plus, si on a pas vraiment de connaissances sur un sujet on risque de tomber sur n’importe quoi ou de ne pas trouver la réponse à sa question (chercher une info c’est pas facile, quand on ne connait pas un sujet c’est limite un travail de journaliste). En plus quand on pose une question à quelqu’un c’est aussi pour avoir son avis, pas celui « d’internet ».
Et si la personne qui reçoit la question n’a pas le temps/ l’énergie/ la place pour répondre, elle peut tout simplement l’exprimer explicitement au lieu d’aller rabaisser la personne en face en disant « internet » ou « internet ça existe ».
Certains sujets qui nous font perdre nos repères
On a grandi dans une famille très dysfonctionnelle avec des mécanismes de défense appris pour faire face à cet environnement. Sauf que, au delà de l’impact de ces mécanismes qui surgissant dans les relations pas dysfonctionnelles et dont on doit porter la charge, ça nous a fait énormément perdre nos repères. Ou plutôt on en a jamais eu.
Et on doit petit à petit se recréer des repères et on s’accroche très fort à eux le temps d’en avoir d’autres et d’avoir plus de recul. Ce qui créé souvent une incapacité ou une forte réactivité à discuter de certains sujets qui remettent en question ces repères trop précieux pour nous, le temps qu’on prenne du recul et qu’on en acquiert d’autres.
Pourquoi on ne supporte pas les conseils non sollicités
Pour savoir pourquoi on ne supporte généralement pas les conseils non sollicités, on en a fait un post Instagram dédié : « pourquoi les conseils non sollicités sont ils inappropriés« 🔗
Comment voir si on est trigger ? Comment réagir ?
Parfois ça va être difficile pour certains membres d’exprimer qu’une situation est difficile à vivre/est trigger.
Alors il y a quelques éléments qui permettent d’identifier un trigger (j’ai pas pu tout mettre car chaque situation est différente), ensuite j’explique comment réagir généralement pour sortir de ce blocage.
TW : Ce paragr aphe donne une de nos réactions lors de certains trigger. Si tu es sensible aux sujets concernant le suicide et la baisse d’estime de soi, tu peux passer. L’info à retenir étant que nos trigger sont parfois extrêmement difficiles.
De plus, nos trigger peuvent parfois être très violent à vivre pour nous car ils nous créént des pensées suicidaires et nous font nous sentir extrêmement seul•e•s, nul•le•s, avec beaucoup de culpabilisation. Et ça peut durer plusieurs heures.
Je suis d’accord que ce sont nos trigger, c’est à nous de les gérer mais une interaction sociale se passe à plusieurs alors si la/les personne.s en face ont la capacité d’alléger ce trigger, on prend. Un peu d’entraide et de compassion peut être très utile.
La discussion tourne en rond
Quand on arrive plus à s’écouter, qu’on tourne en rond, c’est généralement que la discussion arrive à sa fin, car un trigger est là ou tout simplement c’est qu’on est particulièrement épuisé•e. Dans ces cas ça sert à rien d’insister, il faut juste arrêter, et si possible éventuellement voir y a besoin de reparler de cette situation.
On réagi de façon agressive
Certains trigger nous font parfois réagir de façon agressive ou donner l’impression qu’on impose nos idées. Généralement ça concerne des sujets particulièrement sensibles pour nous, sur lesquels on a mis tous nos repères, alors on est incapable de se remettre en question dessus. À court terme, après avec le temps nos repères se solidifient mais il ne faut pas forcer ni les titiller.
Car on revient de loin, d’un environnement tellement dysfonctionnel qu’on a une grosse perte de repères sur beaucoup de sujets.
Alors il faut réapprendre petit à petit à se reconstruire des repères, qui soient solides, pour accepter la contradiction.
Et ça passe par des phases d’accroche très forte à certains repères qui rend les discussions en lien trigger.
Évidemment quand je parle d’accepter la contradiction je ne dis pas pas d’accepter les oppressions ou quoi mais simplement que c’est ok d’avoir du désaccord sur certains points.
PS : parfois l’agressivité est déclenchée par le propos ou l’acte de la personne en face, non par un trigger.
Ça paraît logique, mais je préfère préciser, qu’on on ne crois pas que dans les faits l’agressivité est systématiquement le résultat d’un trigger interne.
On ne répond plus
Parfois, quand on ne répond plus (pas de message pendant plusieurs jours), même si c’est rare c’est qu’il y a peut être un trigger derrière. Généralement c’est plus un manque d’énergie , mais parfois il peut s’avérer que c’est un trigger. Le mieux généralement c’est de s’assurer que « ça va » en demandant si le fait qu’il n’ y a pas de réponse de notre part est de l’ordre de l’épuisement, d’un trigger ou du besoin de temps de réponse.
Après il ne faut pas non plus être tout le temps sur le qui-vive ou croire qu’à la moindre réaction on est trigger, mais parfois on sent qu’il y a quelque chose qui ne va pas et être à l’écoute de ça. Les réactions citées plus haut servent juste d’indice à écouter quand on les remarques.
Comment faire face à tout ça ?
Le mieux si possible, c’est de s’assurer que la réaction vient bien d’un trigger interne et pas d’autre chose.
Puis, envoyez de la compassion, de la compréhension et si possible soyez à l’écoute et reconnaissez ce qui a pu être déclencheur.
Car un trigger, exprimé ou non sera d’autant plus difficile à vivre si la personne en face n’est pas disposée à le reconnaître, à l’entendre.
Les limites qui se heurtent
Parfois entre personnes traumatisées avec un système nerveux dérégulé ou de la dissociation on a tendance à avoir des limites qui se heurtent et à se rentrer dedans. Bon honnêtement y a même pas besoin de tous ces facteurs pour avoir des limites qui se heurtent.
Dans ces cas-là, je pense que c’est important de stopper la communication car ce sont des moments où généralement on arrive pas à s’écouter l’un•e l’autre. Quitte à faire une pause dans la relation/ l’échange et à reprendre plus tard, ou jamais selon nos besoins.
De plus, on a un système de cartes qui permet de communiquer plus facilement pour nous quand ça devient difficile. Si vous en recevez une, les instructions seront écrites dessus.
Comment agir face à un•e little ?
Ça peut arriver de vous retrouver face à un de nos little, et dans ces cas là si vous vous en rendre compte, et bien considérez cet alter/ fragment dans sa complexité.
Ne l’infantilisez pas mais ne lui donnez pas des responsabilités trop hautes à atteindre pour ellui. Ne commencer pas à lui raconter vos problèmes d’adultes par exemple, dans le sens où ne lui faite pas porter une charge trop lourde pour ellui.
Généralement je recommanderais d’être particulièrement à son écoute et de discuter/ faire ce dont iel a envie, dans vos limites bien sûr.
Pendant les fronts des littles, il y a souvent un•e autre alter qui front en même temps. Dans ces cas là si cet alter peut parler et n’est pas là juste à observer il pourra normalement vous dire si il y a un•e little avec lui. Ça peut donner parfois l’impression qu’on fait l’enfant (parfois c’est vraiment le cas, on rigole, parfois c’est un little en cofront).

Ressources
Pour approfondir, voilà quelques ressources pour les personnes multiples, leurs proches et les personnes qui aimeraient en savoir plus à ce sujet.
