L’entourage valide les violences

Parfois, ce qui me perturbe le plus dans le fait d’avoir une famille dysfonctionnelle et instable, c’est le regard de l’entourage qui vient encore plus légitimer les violences et accentuer la perte de repères. 

Dans ma famille, la quasi totalité de mes besoins, même minime, deviennent souvent un sujet de débat, de dispute.

J’ai l’impression de devoir gravir des montagnes pour faire comprendre à mes parents que tel besoin est vraiment légitime et indispensable et ne va pas le faire « perdre leur argent » par exemple.

Le regard extérieur (ou pas tant finalement parce qu’il s’agit souvent d’autres membres de la famille ou ami.es de mes parents), quant à lui, va légitimer les actes de mes parents, sous prétexte que c’est très difficile pour eux, et aller dans le leur sens, c’est à dire remettre le problème sur moi.

Finalement, on ne s’intéresse plus à ce que je vis, et le stigmate s’inverse.

Une inversion des rôles destructrice

La violence est légitimée, et la personne considérée comme enfant (c’est à dire moi) doit mettre ses problèmes de côté pour compatir à ceux de ses parents (problèmes qui je le rappelle, sont créés par l’enfant, donc moi, selon eux).

On vient avec des phrases du type « c’est lourd à porter », « faut les comprendre », « c’est difficile pour eux », « ils font comme ils peuvent »,…

Et c’est là que je vois que ce n’est pas seulement ma famille qui est problématique, mais aussi la quasi totalité de son entourage. 

Quelle coïncidence tiens tiens (non absolument pas).

Le climat incestuel

Non seulement ce genre de comportement ne prend pas en compte mon vécu, ce qui est déjà très difficile quand on subit des violences, mais en plus il y a une inversion des rôles qui peut s’inscrire dans un contexte de climat incestuel (comme c’est le cas pour ma famille – au sens large d’ailleurs je pense et aussi pour les familles d’ami.es de mes parents).

L’enfant (qu’il soit adulte ou pas c’est pas la question – puisque c’est un climat souvent installé depuis des générations) doit porter sur lui la charge émotionnelle de ses parents, quant aux parents ils trouvent toujours l’excuse (du moins les miens) d’un manque de disponibilité par exemple.

Perte de repères

Au delà de la relation déséquilibrée que ça crée → une personne qui doit toujours prendre la charge de l’autre et rarement l’inverse, c’est d’autant plus toxique car un enfant ne devrait jamais avoir à prendre la charge de ses parents, qu’elle soit émotionnelle ou pas. Et le rôle d’un parent devrait être de soutenir son enfant et de répondre à ses besoins. 

De plus, ce genre de situation où les adultes valident la violence de parents, créé une perte de repères du côté de l’enfant encore plus conséquente.

La violence n’est plus considérée comme telle

Pour reprendre ma phrase en début d’article, ce qui me fait parfois le plus de mal, c’est cette validation extérieure des violences.

Ça fait mal déjà de pas avoir de soutien ; au contraire une complicité avec les agresseurs, mais en plus ça augmente la perte de repères qu’il y a déjà dans les familles dysfonctionnelles et instables et ça m’enfonce encore plus dans ce mécanisme où je vais délégitimer mes propres besoins, je vais auto nier mes ressentis, mes réalités.

Ça crée une forme d’emprise où on n’a même plus conscience des violences. On peut avoir encore plus l’impression d’inventer ce qu’on vit/ ressent ou alors ne pas en avoir conscience.

Ca déplace les repères, ça rend la violence normale, ce n’est même plus un sujet. Ce  n’est même plus de la violence.

Le rôle que l’entourage joue dans les violences intrafamiliales

Et c’est quand on arrive à prendre conscience que si c’est de la violence que ça nous pète à la gueule. Et là c’est ta vie que tu remets en question.

T’as cru toute ton enfance que tu avais une enfance normale, même que tu étais particulièrement heureuxse alors qu’en fait tu t’es fait défoncer et au fond c’était la mouise, mais pour survivre tu as dû enterrer tout ça.

Et après je te dis pas ce que tu trouves quand tout explose et que tout se déterre devant tes yeux.

Tout ça pour dire que l’entourage même éloigné de la famille joue un grand rôle dans les violences perpétuées par celle ci car il permet de créer un climat qui les rend acceptables.

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Lumi
Lumi

Créateur•ice de la Caverne des échos ✨
Je suis une personne multiple, transmasc et non binaire. J'ai l'EM et d'autres comorbidités en plus d'être neuroA.
Je m'intéresse aux structures et interactions sociales, et j'aime bcp le graphisme.
Ma pensée est pas hyper basée mais j'essaie de me forger un peu sur ces sujets.

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