J’ai failli lâcher le fil
Y a encore quelques semaines j’étais à 2 doigts de crever.
J’étais dans un environnement toxique et violent qui m’a plongé dans le vide.
Heureusement j’ai pu me raccrocher à un fil, certes très fin mais qui m’a permis de tenir et de pas tomber.
Je reconnais que j’ai pu m’en sortir grâce à des privilèges et aussi grâce à des choses inespérées.
J’ai eu de l’aide pour me créer du réseau et trouver les personnes qui m’ont aidé à m’en sortir (c’est pas encore fini, c’est que le début de cette sortie).
Le truc qui a sauvé le fil
Et cette semaine j’ai fait un truc de ouf. J’ai fait le road trip de ma vie, j’ai fait le truc le plus fou que j’ai jamais fait.
Non seulement parce que je sors pour la 1ère fois de ma famille et donc des violences en lien (bon même si c’est un peu plus complexe), mais aussi parce que matériellement c’était hardcore à organiser.
Il a fallu que je parte sans le dire à mes parents.
Dans un état de santé qui me rend alité au quotidien sans pouvoir m’assoire ni supporter la lumière, le bruit,…
Il a fallu :
Que je trouve un hébergement.
Que je trouve de l’aide administrative.
Que je trouve de l’aide pour le déménagement.
Que je trouve de l’aide pour organiser tout ça.
Que je récupère des papiers bien gardés par mes parents.
Que je trouve de l’aide à domicile pour quand je serais arrivé à l’hébergement.
Que je trouve une ambulance pour le trajet.
Et tout un tas de truc dans le genre.
L’aide vitale
Chaud à organiser dans mon état de santé.
C’était hardcore mais j’ai pu avoir cette aide.
Grâce à l’auto support.
Grâce à la solidarité trans.
Grâce aux ami.es qui m’ont aidés.
Grâce à des assos.
Grâce au réseau.
Grâce à tout ce qui permet à une personne trans de survivre et qui est vitale.
J’AI PAS LES MOTS LES GENS
J’ai pas les mots pour remercier toutes ces personnes qui sont derrière moi.
J’ai pas les mots pour vous dire à quel point vous m’avez sauvé.
À part pleurer de gratitude et me dire que j’en reviens pas, que c’est enfin arrivé, je suis enfin en sécurité depuis le temps que j’attendais.
Jréalise pas quoi, j’aurais pu dead
Ça devait bien faire 3ans que j’avais besoin de partir.
Que je vivais un enfer quotidien et que j’ai fini par abandonner et me dire que la mort était la meilleure solution.
Mais heureusement la mort n’est pas arrivée et des personnes m’attendaient en haut du fil sur lequel je m’accrochais.
Elles m’ont aidé et ont rendu le fil sur lequel je tiens, plus solide.
Chuis là mais y en a qui sont plus là
C’est pas encore fini, loin de là je le sais.
Je suis matériellement en sécurité, et c’est énorme. Je revis.
Mais les traumas eux vont continuer à me suivre et à me hanter. L’état du monde lui reste le même. Je suis en sécurité mais qu’en est-il des autres ? La transphobie se renforce de jour en jour. Le racisme, le fascisme, l’autoritarisme et toutes les oppressions et structures de répression ne comptent pas nous laisser tranquille.
Lutter
Alors, la lutte continue. Pour moi elle sera différente d’avant, sortir de ma famille toxique me permet de me libérer de l’espace pour lutter. Même si je suis brisé et qu’une vie entière ne suffira pas à me réparer. Pour le moment j’ai pas encore la force de lutter contre l’état du monde et de m’y confronter.
Je dois encore reprendre des forces physiquement comme mentalement.
C’est là que je me dis que ça arrange bien la structure capitaliste de nous enfermer dans des familles, des tafs et autre toxiques, prq ça permet de nous empêcher d’avoir la force de nous révolter.
